Daily Rituals : How artists work // Mason Currey

Je termine tout juste le bouquin Daily Rituals: How artists work  de Mason Currey et j’en sors un peu étourdie, mais plutôt admirative. Pas du livre en tant que tel, parce que comme le souligne lui même l’auteur, c’est assez superficiel comme traitement. Il a par contre fait un excellent travail de recensement et de recherches afin de concilier en de courts chapitres  la routine de création quotidienne de plus d’une cinquantaine d’auteurs, dans tout ce qu’il y a de plus banal: l’heure du levé et du coucher, le nombre de cafés ingurgités, de cigarettes fumées, de substance illicite utilisée. C’est en même temps très banal, mais aussi très personnel .

Ce qui ressort principalement de toutes ces vignettes c’est surtout l’acharnement et l’insistance. On se rend compte que l’inspiration n’est pas quelque chose qui vient des dieux ou descend du ciel, mais bien quelque chose qui se crée, se travaille par un travail d’écriture, de réécriture, de lecteur et relecture. J’ai été surprise de voir le nombre d’écrivains qui lisent à quelqu’un de confiance ce qu’ils ont écrit durant la journée, comme si pour eux «tester le matériel» était nécessaire même sans avoir retravaillé leur texte. Sur une première version d’un texte, j’ai l’habitude d’inscrire «Shitty draft» un peu pour dédramatiser et garder en tête qu’un premier jet, c’est rarement bon. Mais qu’avec des efforts, on peut y arriver.

Certains points communs ressortent par contre chez beaucoup d’écrivains:

  • ils ont tous recours à un stimulant quelconque (caféine, thé, tabac, benzédrine, alcool, amphétamines, etc.).
  • ils travaillent souvent selon un horaire de travail strict, que ce soit de jour ou de nuit.
  • la plupart se nourrissent très peu, par choix plus que par manque monétaire. (La palme revient à Marcel Proust qui pouvait tenir toute une journée avec deux cafés crème et un seul croissant. Pas étonnant qu’il écrivait que coucher dans son lit.

J’aime bien l’idée qu’ont certains écrivains de se donner un but à accomplir chaque jour, soit en nombre de pages ou de mots, et de se donner la latitude de pouvoir travailler sur autres choses. Parfois, le but est atteint en quelques heures, d’autres fois c’est beaucoup plus, mais l’idée de progression reste au centre de la démarche.  C’est une vision un peu plus «libre» de la création à laquelle j’adhère.

Le livre de Currey n’est toujours pas traduit, il vient à peine d’être publié en anglais en avril, et je n’ai pas trouvé d’annonce de traduction pour le moment.

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