Les petites pertes de temps // 13

Voilà, voilà, un jour je retrouverai l’inspiration pour vous écrire autre chose qu’un résumé de liens…un jour!

Cute t-shirt!

Muffins choco!

Lui, il me fait rire!

Louis-José Houde: critique littéraire.

Yes! I would… beaucoup!

Des fois, David Gilmour dit des affaires. Pis elle, elle lui répond.

Pas pire chambre!

La collection Stockholm d’Ikea; j’ai tendance à l’aimer.

Comique!

Plein de couleurs.

Extrait. Amen!

Tellement cutes!

J’ai pas fait cette recette là en fin de semaine. Non, j’ai pas fini le fond de la casserole avec mes doigts. J’en ai pas mangé à la cuillère non plus. Et j’en ai pas mis sur mes bagel ce matin. J’ai tellement pas fait ça là…

Bibliothèque du y’able!

Bonne semaine!

Les petites pertes de temps // 12

Les petites trouvailles de la semaine su’ les internets.

Rien de ça ne me concerne. (Sauf les nos. 1 – 3  -6 – 1 3- 27 – 39… et quelques autres.)

Choix architectural weird.

Les lattés Starbuck à la maison pour pas cher, pas cher. (Mais t’as pas de p’tits verres en carton avec une faute dans ton nom dessus.)

Home is where the tapisserie is.

Je love.

Mes sentiments ne s’entendent pas. J’aime pas et beaucoup en même temps.

Plath + dessins + the fig tree = je suis conquise.

J’approuve: Lasagne à la courge.

La recrue du mois : Sophie Létourneau (Chanson française) et son questionnaire

J’aime bien cette liste de «Trucs pour écrivains.»

Temps des pommes!

Belle couverture du livre As I lay dying d’Hemingway pour la sortie du film avec James Franco…. NOT.

Cape Cod.

Auteurs célèbres et Instagram.

…C’est qui qui a passé beaucoup trop de temps sur internet cette semaine? …. ;)

Jane, le renard & moi / Isabelle Arsenault et Fanny Britt : pour le plaisir de se faire raconter une histoire.

Vous savez, avec mon travail, j’ai souvent le temps de feuilleter des livres pour enfants. Parfois, c’est un titre comique qui m’accroche, une image particulièrement jolie, ou un heureux mélange des deux. J’avais déjà entendu parler de l’album-BD Jane, le renard & moimais sans m’y intéresser particulièrement. J’aurais dû. C’est vrai que l’intimidation est un des sujets chauds de l’heure, mais si je n’avais qu’un seul livre à conseiller à une maman de jeune fille qui se fait intimider, ce serait celui-là. Avec une copie de Jane Eyre de Charlotte Brontë tant qu’à y être.
La petite Hélène est victime d’intimidation à l’école et dans les rues de la ville. Il n’y a que chez elle qu’elle a un petit répit et c’est lors de ses moments qu’elle se plonge dans la lecture de Jane Eyre qui devient une sorte de compagne ou de guide. Le renard arrive plus tard, dans un camp, et apporte avec lui un grand changement pour Hélène… Vous verrez! J’apprécie beaucoup l’apport de la lecture à cette histoire. Parfois, c’est en s’identifiant à un personnage que l’on veut agir comme lui et s’en inspirer.

Seulement un petit clin d’oeil ce matin, pour vous rappeler que parfois ça fait du bien de juste se faire raconter une histoire… même si on n’a plus 8 ans et qu’on est pas intimidée à l’école. Mais si vous prévoyez lire Jane Eyre, faites attention, vous saurez déjà la fin.

Les petites pertes de temps // 11

Allons-y donc avec mes petites trouvailles internet de la semaine!

Cuisine de rêve, et bibliothèque ingénieuse!

Mode + paysages aériens.

On the road Kerouac: illustré.

Maladies ou syndromes nommés à partir de personnages littéraires.

Photos. Wow.

11 mots sans traductions.

C’est maigre encore une fois, je m’en excuse, mais bientôt j’aurai plus de temps pour écrire. Sur ce, bonne semaine!

Les petites pertes de temps // 10

C’était la folie cette semaine, j’ai pris du retard sur mes blogs réguliers (oh malheur!). Quelques trucs ont retenus mon attention quand même:

Vidéo-souvenir de mariage que je trouve très cool. Disons qu’il y a une couple de gars qui se sont payés la traite.

Déjeuner c’est l’fun! Et ce site, avec ses belles photos, en donne encore plus le gout.

Parlant déjeuner, Marilou récidive avec des sachets de gruau qui ont l’air vraiment appétissant.

Imprimer sur des post-its, fallait y penser! (Mais je trouve ça génial quand même bon.)

La rentrée littéraire au Québec: version La Presse Plus. (POMME S (É. Plamondon- je t’attends, et je t’aime déjà.)

Bonne semaine :)

La crainte: Plath, Woolf, Pessoa

Il y a des livres que l’on commence pour des raisons évidentes (oeuvres à l’étude pour un cours, suggestion d’un(e) ami(e) qui aime les mêmes choses que nous, « tout le monde le lit, pourquoi pas moi? », c’est THE great American Novel -p.s. ça ne l’est jamais.). Bref, on ouvre le livre, passe rapidement sur les premières pages sans importance – page de titre, re-page de titre (pourquoi deux pages de titre?), dédicade à Untel-Unetelle (« sans quoi je n’y serais jamais arrivé ») et voilà: c’est là, ça commence. Parfois, on ne sait pas trop dans quoi on s’est embarqué, parfois on le sait trop bien. C’est un peu un contrat. Dès les premières lignes, on a le choix de signer et d’accepter le contrat, ou de le questionner sans cesse durant toute la lecture en ne faisant que planer sur le texte plutôt que l’apprécier ou le comprendre. Connaître l’histoire derrière un texte ou un écrivain m’aide souvent à m’ouvrir au texte plus rapidement. Si d’emblée,  je refuse le contrat que m’offre l’auteur, il est sûr, et probablement certain que je ne terminerai pas le livre.

Parfois, c’est autre chose. Je connais l’histoire du texte, je connais sommairement la vie de l’écrivain, tout ce que je lis m’interpelle, me touche, que c’en est trop. Je ne peux juste pas poursuivre parce que c’est trop, et en tant que grande-anxieuse, ce qui est « trop » me fait peur et m’engloutit. Récemment (disons durant les deux dernières années), trois ouvrages m’ont particulièrement bouleversée même si je n’ai pas été capable de les lire en entier jusqu’à maintenant. Je les reprends sporadiquement, les reprends où j’étais rendue, un peu plus loin, un peu moins loin, et j’essaie de m’y accrocher sans me noyer complètement, en essayant de garder une certaine distance, mais à tout coup, je dois encore arrêter.

Deux de ses livres sont des journaux intimes, publiés après la mort de leurs auteurs, et édités par leurs maris respectifs. Celui de Sylvia Plath, et celui de Virginia Woolf.

Plath a tenu un journal presque toute sa vie. On la suit d’environ 18 ans jusqu’à 3 ans avant sa mort. Les trois derniers cahiers ont été perdus ou détruits par son mari qui ne voulait pas que ses enfants les lisent, ce qui est légitime, mais particulièrement triste, puisque peut-être que quelques questions sur son geste auraient pu être répondues par la lecture de ses textes. Par moment, j’ai envie de souligner la totalité du texte de la page que je suis en train de lire. Parfois, Plath semble lire dans mes pensées tellement elle traduit bien les mouvements intérieurs que peut créer l’angoisse et le questionnement perpétuel qui m’assaillent. Le doute. Elle reconnaît son existence et sait poser les mots pour le décrire comme je l’ai rarement lu chez d’autres auteurs. Mais encore là, ça vient trop me chercher pour que je puisse en lire plus de 3 ou 4 pages à la fois. Je n’ai pas peur de devenir « elle », seulement peur de confondre ce qu’elle a pu vivre avec ma vie, ou plutôt de confondre ses conclusions et les prendre pour expliquer ce que je vis.

Le journal intégral de Virginia Woolf s’étale entre 1915-1941, année de la mort de Woolf. Woolf débute son journal comme un projet d’écriture et non comme un exutoire, mais petit à petit ça le devient. Woolf parle de son écriture et de ses lectures, et (oh surprise!) de ses doutes sur son travail. J’aime voir le climat de création et le chemin que peuvent prendre les réflexions quand toute notre énergie est tournée vers l’écriture. Mais encore ici, Woolf reste une grande angoissée et une dépressive chronique et c’est sur ses passages que je m’arrête souvent, trop émotive, trop submergée.

Le dernier livre est bizarrement un livre de fiction, mais qui prend beaucoup la forme d’un journal, du moins d’un carnet de « fragments ». Le livre de l’Intranquilité de Fernando Pessoa. J’en sais peu sur l’écriture de ce livre, mais je peux vous dire que tout est calculé dans ses courts chapitres. Chaque phrase y est pour un but précis. Après chaque « morceau » de texte, j’ai besoin d’un temps d’arrêt, seulement pour assimiler le texte. Cette lecture soulève beaucoup de questions, de réflexions et demande qu’on y réponde pour l’apprécier. C’est une lecture-dialogue.

Pour l’instant, vous aurez compris que je n’ai pas réussi à terminer ses trois bouquins. Mais, chaque chose en son temps. Présentement, je suis dans Pourquoi Bologne d’Alain Farah, je vous en parle prochainement.

Les petites pertes de temps // 9

Voici quelques liens intéressants vus cette semaine:

Selon ce docteur, il y aurait plusieurs liens à faire entre la santé mentale et… notre flore intestinale.

Bobby pins cutes!

Maison (surtout cuisine) de rêve.

Cinq nouveaux bouquins de Salinger à paraître!

À mauvais client, mauvais service. Si seulement on pouvait dire ce qu’on veut…

Projets déco!

Voilà!
Pour ma part, les cours recommencent aujourd’hui, toujours combinés avec mon emploi à temps plein. On verra comment tout ça se déroulera, mais je tenterai de toujours publier ici! :)

Rien ne s’oppose à la nuit – Delphine de Vigan

À la suggestion d’une amie, je commence la lecture de Rien ne s’oppose à la nuit de Delphine de Vigan. Dès les premières pages, je savais que je tenais dans mes mains un livre qui allait m’habiter et me poursuivre pendant longtemps. La narratrice trouve sa mère, suicidée, et décide de raconter la vie de celle qui l’a mise au monde et qui a tenté de jouer son rôle de mère malgré ses fortes tendances dépressives et sa maladie mentale. Delphine de Vigan a interviewé beaucoup de gens de sa famille ainsi que de ses connaissances pour arriver à écrire ce récit. Par contre, elle nous l’annonce d’emblée, c’est forcément à un jeu de reconstruction qu’elle se prête, puisque sa vision de sa mère n’est pas celle de n’importe qui de son entourage, et la vision de la jeunesse de sa mère ne lui a apportée que par les témoignages de ceux qui l’ont côtoyé durant ses années, donc c’est forcément un travail de création que doit faire l’écrivaine pour ces passages.

Sur la couverture (ou sur la jaquette de l’édition grand format), on peut voir une femme blonde, cigarette à la main baguée et d’une beauté remarquable. C’est Lucille, mère de Delphine et je pense que cette image renforce en tout l’histoire. On y revient sans cesse durant la lecture, comme un point de repère. On veut vraiment savoir ce qui a pu se passer pour cette belle jeune femme, pour qu’elle en arrive un jour à vouloir mourir. L’écrivaine soulève des questions douloureuses tout au long du roman:

Jusqu’où aller dans la fiction et la réalité dans un récit autant ancrer dans les faits, les témoignages et l’enquête? Souvent, on sent qu’elle souffre de devoir toujours se rapporter à ses notes pour raconter et rapporter dans le détail, et non seulement ce qu’elle pense ou ce dont elle se souvient. Les prises d’ancrage au réel sont autant de bouées que de poids pour son écriture.

« Sans doute avais-je espéré que, de cette étrange matière, se dégagerait une vérité. Mais la vérité n’existait pas. Je n’avais que des morceaux épars et le fait même de les ordonner constituait déjà une fiction. […] Que cherchais-je au fond si ce n’était approcher la douleur de ma mère, en explorant le contour, les replis secrets, l’ombre portée. »

Où doit arrêter le malheur, la généalogie du malheur dans une famille? Est-ce que donner prise au malheur le rend tangible et le crée? N’est-ce pas ceci au fond l’histoire de chaque famille? Chaque famille abrite ses reconstructions narratives, surtout si les principaux acteurs nous ont quittés.

« J’ignore comment ces choses (l’inceste, les enfants morts, le suicide, la folie) se transmettent. Le fait est qu’elles traversent les familles de part en part, comme d’impitoyables malédictions, laissent des empreintes qui résistent au temps et au déni. »

Mais la plus grande question soulevée par le roman est celle-ci:

« C’est ainsi que je les ai interrogés, sans jamais poser cette question à laquelle ils ont pourtant répondu: est-ce que la souffrance était déjà là?« 

Voilà, c’est dit: est-ce que la souffrance était déjà là, lorsque Lucile, petite, jouait avec ses poupées et apprenait le piano? Est-ce que c’était déjà en elle avant toutes les catastrophes familiales? Et surtout: est-ce que Delphine en était à l’abri? Ces enfants à elle, étaient-ils protégés? Que de questions…

C’est une voix forte qu’à Delphine, une voix qui voulait raconter sa mère, une voix touchante qui porte une lecture nécessaire, mais troublante.